Numbers 22

French (La Bible expliquée)

40Balac offrit des bœufs et des moutons en sacrifices et en remit des parts à Balaam et aux chefs qui l'accompagnaient. Dans ce passage, le thème de l'image croise celui de la parole. Pour Balac, le pouvoir de Balaam passe par l'acte du regard: il lui faut voir Israël pour lui faire du mal (23.13). Mais le regard de Balaam est désormais en accord avec celui que Dieu porte sur Israël. Il discerne les promesses qui font d'Israël un peuple à part. L'œil de Balaam « écoute » la Parole que Dieu lui révèle (23.9-10 24.2-3 15 17). Dans les bénédictions de Balaam, le rythme poétique ne cherche plus l'efficacité magique. La poésie se fait célébration, louange, attestation de la bénédiction divine. Le devin est devenu prophète, celui qui attend que Dieu parle. Toute prophétie consiste à prononcer la parole reçue du Seigneur. Aussi était-il futile d'exercer l'art de la divination contre le peuple de Dieu. Même le voyant païen était complètement entre les mains de Dieu et ne pouvait prononcer que ce que Dieu lui permettait de dire. L'histoire de Balaam atteint ici son sommet. Maintenant la face cachée de tous ces étranges événements apparaît clairement. La parole prophétique dévoile la volonté de Dieu souvent cachée aux yeux humains. La bénédiction de Dieu est plus forte que toutes les malédictions. Au fil de son histoire souvent tumultueuse, Israël a pris conscience de sa destinée spécifique sous la direction de Dieu, une destinée différente de celle des autres nations, tout comme le Seigneur est différent de leurs dieux. Le peuple de l'alliance doit porter le fardeau de cette singularité, qui lui sera souvent reprochée. Au cours de l'histoire, la singularité du peuple juif a été caricaturée pour servir de prétexte à la persécution.
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