Judges 3

French (La Bible expliquée)

15Ils appelèrent alors le Seigneur au secours et celui-ci leur envoya un libérateur, Éhoud, un homme gaucher, qui était fils de Guéra, de la tribu de Benjamin. Le narrateur caricature et ridiculise les Moabites, à commencer par Églon, leur roi obèse, dont le nom signifie « veau ». Quant à Éhoud, c'est un gaucher de la tribu de Benjamin. Gaucher, il place son épée d'une façon particulière et échappe ainsi à la fouille. L'humour de ces textes exprime l'enthousiasme et le joyeux optimisme du peuple de la Bible, comptant sur l'intervention du Seigneur. Beaucoup de textes vengeurs et violents habitent ce livre des Juges. Comment les lire? La plupart des spécialistes pensent que ces textes ont été écrits à une époque où toute guerre de conquête ne pouvait être qu'un rêve: le peuple d'Israël, privé d'État et sans institutions militaires, était la victime d'autres puissances. Raconter la guerre en se plaçant dans la position du vainqueur était alors un moyen de compenser la souffrance et l'humiliation vécues dans le quotidien, en soulignant aussi que la vraie victoire n'appartient qu'à Dieu. Par ailleurs, la Bible a pris le parti de décrire la réalité sans l'enjoliver: l'envie de tuer serait constitutive de l'humanité, mais c'est à cette humanité-là que Dieu offre son alliance, pour le meilleur et pour le pire. Le livre des Juges ne veut pas légitimer la violence, mais donne à réfléchir sur les mécanismes présents, à toute époque, dans une société en train de se construire. Les Israélites envoyèrent Éhoud présenter des cadeaux à Églon, roi de Moab.
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