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Job 4
Job 4
French (La Bible expliquée)
1
Élifaz de Téman prit alors la parole et dit à Job: La plaidoirie d'Élifaz est simple: une vie vertueuse conduit au bonheur, tandis qu'une vie sans principes conduit au malheur. Pour illustrer cette leçon, basée sur l'idée que tout doit avoir une cause, il utilise des images du monde agricole et du monde animal. La première image laisse entendre que chacun est responsable de son destin. Les humains sont libres de décider de leur sort et de construire leur bonheur ou leur malheur. C'est une idée bien connue des sages: « Qui sème l'injustice récolte le malheur » (Prov 22.8). Selon cette image, Dieu n'est plus le seul à approuver ou réprimer personnellement les actes humains, mais une sorte de loi de la nature. Cependant, Dieu reste celui qui organise l'univers dont il est le créateur.
2
On n'ose te parler, tant tu es déprimé. Pourtant on ne peut pas se taire plus longtemps.
3
Toi qui as fait l'éducation de tant de gens et savais fortifier les bras trop fatigués,
4
toi qui trouvais les mots pour remettre debout ceux qui n'en pouvaient plus, et relever ceux qui pliaient sous le fardeau,
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te voilà abattu quand le malheur est là, te voilà effrayé quand c'est toi qu'il atteint!
6
Puisque tu reconnais l'autorité de Dieu, et puisque ta conduite est sans aucun reproche, ne dois-tu pas garder confiance et bon espoir?
7
Souviens-toi: as-tu vu déjà des innocents ou des honnêtes gens succomber au malheur?
8
Je l'ai bien remarqué: Cultiver l'injustice ou semer la misère conduit à récolter injustice et misère.
9
Dieu balaie de son souffle ceux qui s'y adonnent, il les réduit à rien au vent de sa colère.
10
Il fait taire leurs rugissements de lions, et il casse les dents à ces bêtes féroces.
11
Privés de toute proie, ces fauves dépérissent, tandis que leurs petits sont dispersés au loin.
12
Un message m'est parvenu comme en secret, Après avoir fondé son premier discours sur l'observation (4.8), Élifaz étaie son argumentation par le récit d'une révélation nocturne. Pour rendre crédible l'idée que toute souffrance est une conséquence du péché, il en rappelle la dimension universelle: nul n'est irréprochable et pur devant Dieu, pas même les anges! Cette opposition entre la grandeur de Dieu et la petitesse de l'être humain n'est pas nouvelle en Israël. Elle est fréquente dans les Psaumes, mais pour faire appel à la miséricorde divine (Ps 25.7 130.3-4 143.2). Ici, Élifaz transforme cette opposition en argument sévère contre Job. mon oreille a perçu un très léger murmure,
13
quand en rêve, la nuit, les pensées sont confuses, quand l'engourdissement s'abat sur les humains.
14
Un frisson de terreur s'est emparé de moi, j'étais tremblant de tous mes membres.
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Une sorte de souffle effleura mon visage et me donna sur tout le corps la chair de poule.
16
Quelqu'un se tenait là, que je discernais mal, une forme devant mes yeux. Un silence d'abord, puis j'entendis sa voix:
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« Face à son Dieu, son Créateur, disait la voix, l'homme peut-il se dire irréprochable et pur?
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Si Dieu ne se fie pas à ses anges eux-mêmes, s'il trouve à critiquer ses propres serviteurs,
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à plus forte raison ne peut-il se fier à ces pauvres humains, créatures d'argile, dont le corps est poussière, et qu'on peut écraser plus vite qu'une mite!
20
En moins d'une journée ils sont réduits en poudre, disparus pour toujours sans qu'on y ait pris garde.
21
Le fil qui les tenait a été arraché, et les voilà tous morts ignorant la sagesse. »
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